Que faire face à des élèves qui n’arrivent pas à saisir le sens d’un texte lu, et qui ont une attitude passive face aux textes ? Voici quelques pistes que j’ai testées (en aide en regroupement ou en co-intervention en classe) qui peuvent aider ces élèves à devenir de vrais chercheurs de sens” :
  • Faire un détour par des supports imagés
  • Leur apporter des outils pour construire l’organisation des textes
  • Leur tendre des pièges dans les textes pour développer leur vigilance
Les ouvrages suivants m’ont aidée pour rédiger cet article :

Travailler la compréhension à partir de supports imagés

  Pour des élèves en difficulté de décodage, ou des élèves découragés par l’écrit… ou simplement pour travailler l’implicite d’une autre façon que par l’écrit, je trouve intéressant de passer par des supports imagés.

Utiliser des images fixes

Voici des exemples de supports qui permettent aux élèves de travailler sur les inférences :

Des images de personnages :

https://drive.google.com/file/d/1Kdw4o0I6qLX0um2IJu1gKx6EHTLXHMUQ/view?usp=sharing (images trouvées sur le site “dixmois”) On peut entraîner les élèves, par un questionnement, à ne pas en rester à ce qu’ils observent mais à aller plus loin en cherchant à interpréter la situation représentée :
Qu’est-ce que l’on voit ? Que fait ce personnage ? Que ressent-il ? A ton avis, qu’est-ce qui fait qu’il se sent ainsi ? Que s’est il passé ?

L’album “Il croit que”

Cet ouvrage contient des petites histoires sous forme de deux double pages :
  • Une première double page qui présente une situation, que les élèves peuvent décrire, interpréter. On peut leur demander d’anticiper la suite de cette situation…
  • Une deuxième double page qui présente une chute inattendue de cette histoire.
Peu à peu les élèves arrivent à anticiper des chutes surprenantes et développent une vraie créativité et capacité de flexibilité… qu’ils pourront transférer (on l’espère 😉 quand ils seront en attitude de lecteurs de textes.

Utiliser des vidéos

En sélectionnant des extraits vidéos, on peut entraîner les élèves à se questionner sur les idées essentielles, les émotions, les pensées et intentions des personnages, la construction de la chronologie et des liens logiques dans le scénario, la capacité à anticiper ou changer d’avis sur ce que l’on comprend… compétences essentielles dans la compréhension en lecture. Des exemples d’exploitations d’extraits vidéos : http://dixmois.eklablog.com/comprehension-et-videos-c25548262 https://www.desirsdecole.fr/lire-le-monde/t%C3%A9moignages-d-exp%C3%A9riences/

Construire la structure générale du texte

Souvent, les élèves fragiles en compréhension ne s’attachent qu’à des détails du texte, ne saisissent pas les idées principales et ne savent pas surtout comment construire cette capacité à saisir l’essentiel… d’où une attitude passive, voire un découragement. Voici quelques idées pour les aider à construire l’organisation générale du texte, afin qu’ils développent une compréhension en profondeur.

Apprendre à repérer les idées essentielles

Choisir un titre

On lit une histoire en cachant le titre…Puis on propose plusieurs titres possibles à ce texte. Chaque élève choisit ensuite le titre qui lui semble le mieux convenir, puis on échange, on argumente tous ensemble. Par exemple, pour l’histoire “Zouzou le lapin” (S. Cèbe et R. Goigoux) : https://drive.google.com/file/d/1KKQtCVZ3UaVjArdSRCWbUSr9S_kWuVcx/view?usp=sharing J’ai proposé aux élèves les titres suivants :
La maladie du renard La bêtise de bébé lapin Le renard se fait piéger Le renard et les deux lapins

Apprendre à hiérarchiser

Le principe : à partir d’un texte, on fait une liste de dix propositions, qui sont toutes vraies à propos du texte, mais certaines sont des idées essentielles du texte, d’autres représentent des détails peu importants. Les élèves doivent ensuite entourer dans cette liste les idées qui leur semblent importantes dans le texte lu : puis on échange, on débat ;
Qu’est-ce qui fait que cette idée a été entourée ? Comment savoir si cette information est importante dans le texte ? Qu’est-ce qui fait que cette idée ne vous semble pas importante ?
Et parfois, en cas de désaccord, il est possible que tout le monde ait raison… à condition que ce soit justifié 🙂

Utiliser des schémas

Des dessins progressifs

Je trouve intéressant de travailler à partir de textes qui obligent les élèves à revenir sur leur première représentation (des textes avec par exemple une chute inattendue), et pour cela, j’aime bien leur faire schématiser les différentes étapes d’un texte. Je coupe le texte en différentes parties : les élèves dessinent alors ce qu’ils comprennent, puis, au fur et à mesure de leur lecture, ils corrigent, barrent, complètent leurs représentations : on voit ainsi très concrètement leur activité mentale sur le texte. Un exemple de texte utilisé pour cette schématisation progressive, où l’on comprend peu à peu que Mélisande n’est pas une personne… mais un cheval ! (le passage “J’aime lécher les mains de mon amie” fait toujours beaucoup rire les élèves 🙂 https://drive.google.com/file/d/16b7VcdaS7cPoC0rf7rkpiMgEKntdzfu7/view?usp=sharing

Les schémas visibileo

J’ai découvert les schémas “visibileo” sur le site Alain Savary. Le principe est d’accompagner les élèves dans la construction d’un schéma qui va peu à peu intégrer les différentes informations de l’histoire et les liens logiques : c’est un support, avec un codage précis, qui va permettre à la fois de voir le travail de réflexion sur le texte par les élèves et la structure de l’histoire lue, en particulier les liens logiques. Tout est expliqué ici : http://centre-alain-savary.ens-lyon.fr/CAS/LECTURE-ECRITURE/pp-comprehension/scenarios-de-formation/letude-de-la-langue-au-service-de-la-comprehension-scenario-de-formation Des exemples autour de l’histoire “Un loup si bête” ici : http://centre-alain-savary.ens-lyon.fr/CAS/LECTURE-ECRITURE/pp-comprehension/scenarios-de-formation/visibileo-une-exemple-de-canevas-a-partir-dun-loup-si-bete

Des textes « piégés » pour développer leur vigilance

Apprendre à être vigilant avec des textes résistants

Certains textes sont résistants à la compréhension, par exemple en donnant des fausses pistes au lecteur au début de l’histoire, ou en racontant avec une chronologie perturbée. A partir de ces textes, on peut travailler avec les élèves leur capacité d’anticipation, et leur flexibilité : savoir changer d’avis, revenir en arrière, faire évoluer leurs premières représentations… bref rester vigilants à leur compréhension, et donc se montrer réellement actifs face au texte : cela peut être intéressant de travailler ce type de textes dans des débats interprétatifs. Des liens et un exemple de débat interprétatif filmé dans une classe :
Une co-intervention en littérature
Des exemples de textes résistants classés ici : https://drive.google.com/file/d/1NdPvCpr6JR-cIfjUQaIq_DU5H-m4do4o/view?usp=sharing

Apprendre à “enquêter” sur des textes transformés

On peut aussi jouer à rendre des textes résistants, en les transformant avant de les proposer aux élèves.

Enlever une partie du texte

On peut par exemple effacer un mot, une phrase, ou un petit texte : L’élève devra exercer sa capacité de déduction pour trouver quel est le mot enlevé, ou quelle est la chute de l’histoire, si c’est la dernière phrase qui a été enlevée.

Rajouter un passage incohérent

On peut rajouter dans un texte un passage légèrement incohérent par rapport à l’histoire (avec le comportement d’un personnage, avec l’intrigue…) : ils doivent enquêter sur le texte et retrouver où est le passage “intrus”.

Modifier la chronologie

On peut déplacer un passage du texte : ils doivent retrouver quel est le passage qui perturbe la chronologie. Voilà, j’espère que ces quelques pistes pourront vous être utiles :). N’hésitez pas à rajouter en commentaire vos propres idées pour rendre actifs les élèves fragiles en compréhension.   Vous pouvez également trouver d’autres pistes sur le travail en compréhension ici :  
Des stratégies pour comprendre : des cartes à imprimer
 
Aider les élèves à être actifs en compréhension
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3 avis sur « Aider les élèves à être actifs en compréhension »

  • 17 février 2021 à 21 h 25 min
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    Très intéressant tout ça ! J’aime particulièrement l’idée du dessin progressif !
    Merci !

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  • 18 février 2021 à 12 h 18 min
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    Merci beaucoup Julie, toujours très intéressant !
    Dans la même réflexion (On peut entraîner les élèves, par un questionnement, à ne pas en rester à ce qu’ils observent mais à aller plus loin en cherchant à interpréter la situation représentée), j’utilise les cartes cartablabla, tu connais sûrement …
    Comme le dessin progressif, très bonne idée ! le mime aide aussi, assez drôle d’ailleurs (moi en train de mimer la Castafiore qui ne peut pas rentrer dans un petit réduit dans une enquête de l’Inspecteur Lafouine !)
    Et tjs Lectorino Lectorinette que tous connaissent, mais toujours très riche !

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    • 19 février 2021 à 16 h 00 min
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      Ah oui les cartes à bla bla, merci, je les avais oubliées !
      Et hihi moi aussi j’ai mimé la Castafiore dans le texte de Lafouine !!!

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