Voici une petite synthèse sur les troubles des apprentissages et les troubles de la communication : la classification utilisée, les “signaux d’alerte”, quelques recherches récentes, et des adaptations pour chaque trouble.
La classification : connaître la terminologie
Voici la classification, utilisée actuellement, des différents troubles “neuro-développementaux” du DSM5 (image du site http://www.anpeip.org/men-dys-et-hp/1055-art-les-troubles-neuro-developpementaux)
Ainsi, ce qu’on appelle couramment la dyslexie, la dysorthographie et la dyscalculie, font partie des “troubles spécifiques des apprentissages” dans cette classification.
La “dysphasie” fait partie des troubles de la communication.
Pour approfondir, voici un document sur des recherches récentes en orthophonie :
https://www.fno.fr/wp-content/uploads/2019/01/RO-2018-Du-DSM5-au-diagnostic-orthoq-LL-1.pdf
Pour ceux qui n’ont pas le temps de lire ce document ;)… Voici un petit résumé de ce qu’il est important à retenir pour nous, enseignants :
1) On a pour habitude (moi y compris ;)) de faire une différence marquée entre “difficulté” et “trouble”. Cependant, il est plus juste de considérer cette différence comme une continuité, avec des degrés de sévérité progressifs : léger, moyen ou grave.
En simplifiant, pour se donner une idée de cette continuité :
“ degré de sévérité léger” : l’enfant a des difficultés d’une intensité légère, et parvient à compenser avec des aménagements et des aides.
“degré de sévérité grave” : l’enfant a des difficultés qui sont persistantes, malgré les aménagements et les aides.
2) On a aussi pour habitude d’attendre deux ans d’écart dans l’apprentissage pour parler de dyslexie. En fait, à partir du moment où un enfant présente un décalage persistant dans un domaine, alors qu’il a eu des aides adaptées et régulières pendant 6 mois, on peut déjà parler de trouble : ainsi, on n’est pas obligé, par exemple, d’attendre le CE2 pour qu’un trouble dyslexique soit posé.
3) Une grande partie des enfants “dys” cumulent malheureusement plusieurs troubles : on parle de “comorbidité”.
Ai-je un élève ayant un trouble dans ma classe ?
Même si nous ne sommes pas médecins ou orthophoniste, il est important de connaître les “signaux d’alerte”, qui nous permettent de savoir quand s’inquiéter, et quand demander l’avis d’autres professionnels.
Voici différentes listes pour chaque trouble :
Pour la dysphasie : http://www.susa.be/pmb/opac_css/doc_num.php?explnum_id=136
Pour la dyslexie : http://www.susa.be/pmb/opac_css/doc_num.php?explnum_id=127
Pour la dyspraxie : http://www.susa.be/pmb/opac_css/doc_num.php?explnum_id=133
Pour la dyscalculie : http://www.susa.be/pmb/opac_css/doc_num.php?explnum_id=118
Pour les TDAH : http://www.susa.be/pmb/opac_css/doc_num.php?explnum_id=142
Un aperçu de quelques recherches scientifiques
Une conférence très intéressante de Michel Habib (neurologue au CHU de Marseille) sur la dyslexie :
Ce qu’il est intéressant à retenir pour nous, les enseignants :
Le cerveau est fait de modules différents, qui peuvent chacun dysfonctionner indépendamment du reste : c’est d’ailleurs ce qui définit en partie les troubles : un enfant peut présenter des difficultés dans un apprentissage, même s’il a une intelligence tout à fait normale.
Il existe trois profils d’enfants dyslexiques : le profil phonologique, le profil “visuo-attentionnel”, le profil “dyspraxique”, et ces trois profils sont en lien avec trois réseaux différents du cerveau.
Concernant les causes et la sévérité de la dyslexie : sont reconnus un facteur génétique, mais aussi l’effet du milieu socio-économique.
Un état des lieux récent sur les difficultés de lecture et la dyslexie, sur le blog de Franck Ramus :
Une recherche qui inventorie les liens existants entre les différents troubles ;
http://www.ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/110/Chapitre_12.html
On y apprend par exemple que les enfants dyslexiques sont souvent aussi dysphasiques et dyscalculiques.
Comment aider, comment adapter ?
Des idées générales pour tous les dys :
Valoriser les réussites, rassurer.
Eviter les doubles tâches, car les enfants “dys” sont souvent en surcharge cognitive.
Permettre à l’enfant de faire des pauses, car les enfants dys sont en général plus fatigables.
Aider l’enfant à s’organiser.
Penser à s’appuyer sur les ressources de l’enfant, pour l’aider à compenser.
Quelques pistes d’adaptation pour chaque type de troubles
Vous trouverez sur ce blog des pistes d’adaptations plus précises, classées par type de troubles, sur les liens suivants :
Trouble du langage oral (“dysphasie”) : http://julie-horvath.fr/2018/09/02/la-dysphasie/
Trouble du langage écrit (“dyslexie) : http://julie-horvath.fr/2018/09/02/dyslexie/
La dyscalculie : http://julie-horvath.fr/2019/01/23/la-dyscalculie/
La dyspraxie : http://julie-horvath.fr/2018/09/02/la-dyspraxie/
Merci Julie , c’est très intéressant, je vais éplucher tout ça ?
De rien, je n’ai fait que « compiler » 😉